Féminicides : le collecti.e.f 8 maars sur les marches du palais de justice

Communiqué de presse – 28 mai 2020

Ce matin, à l’occasion de la journée mondiale d’actions pour la santé des femmes, des dizaines de chaussures rouges ont été disposées sur les marches du palais de justice de Bruxelles.
L’action à l’initiative du collectif 8 mars avait pour but de dénoncer  les violences de genre, exacerbées en cette période de confinement. Violences qui ont notamment conduit à une augmentation du nombre de féminicides.

 A coté de certaines paires de chaussures, on pouvait lire le nom de femmes décédées et leurs âge*. Presque toutes ces femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon.  Le site stop féminicide dénombre cinq féminicides rien que pour la période de confinement, neuf depuis le début de l’année. Le collectif dénonce « l’absence de recensement officiel des féminicides et violences de genre. Ce qui contribue à les invisibiliser en les rangeant dans la catégorie des drames familiaux ou à les banaliser en parlant  de « coups de folie ».

 Plus largement, le collectif déplore l’impact de la crise du covid 19 sur la santé physique et mentale des femmes qui en payent le plus lourd tribut. Ce sont elles que l’on retrouve majoritairement dans les fonctions essentielles et précaires : femmes nettoyeuses, soignantes, infirmières, aidantes à domicile, personnel de la petite enfance, caissières,…
Selon ses membres, ce sont également majoritairement les femmes qui doivent assurer le travail reproductif (soins des enfants et tâches domestiques) dont la charge s’est considérablement accrue pendant cette période de confinement. Elles sont même amenées à devoir jongler entre la garde des enfants, leurs études et le télétravail. «  Une fois de plus, une fois de trop, nous les femmes, nous sommes la base de ce système productif et reproductif. Un système qui sans nous, tout simplement périrait. Cette crise ne nous a rien appris à nous les invisibles. « Nos subjectivités sociales, politiques, sexuelles, de genre, économiques sont toujours niées. Ce déni se paye sur nous, sur nos psychés et sur nos corps. Mais nous sommes indispensables partout. Nous sommes essentielles. » 
 
Pour les membres du collectif, il est aussi à craindre que les femmes qui sont déjà les plus touchées par la précarité en temps normal, se retrouvent dans une précarité encore plus grande lors de la crise sociale qui suivra l’actuelle crise sanitaire. C’est d’ailleurs déjà les cas pour nombre d’entre elles qui se retrouvent sans travail et parfois sans revenu comme les travailleuses sans papier.
Le collectif exige la création d’un organisme officiel de recensement des féminicides. Il demande également plus de moyens pour les services d’accompagnement des femmes victimes de violences et pour tous les services essentiels de la société ( santé, éducation, …) pour que ces manques ne reposent plus sur leurs épaules. « Nous avons porté votre confinement. Vous voulez nous faire porter votre crise. Nous n’en payerons plus les conséquences. Quand le monde s’arrête, les femmes restent en première ligne….Jusqu’à ce que nous décidions le contraire !»

*
11.05.2020 – Sokol, 37 ans, Uccle
24.04.2020 – Cynthia H., 60 ans, Rocourt
20.04.2020 – Katja, 47 ans, Tessenderlo (morte estimée fin mars)
12.04.2020 – Anja V., 49 jaar, Halen
03.04.2020 – Naomi M., 25 ans, Zonhoven
11.03.2020 – Christianne A., 83 ans, Vlekkem
09.03.2020 – Megane T., 22 ans, Bressoux
22.02.2020 – Shamza M., 21 ans, Heusden-Zolder
28.01.2020 – Une femme, 39 ans, Beers

https://fb.watch/2F-E-0Z6-I/

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